Incontinence chez la femme

Une femme sur quatre environ est concernée, et pourtant peu osent en parler. L’incontinence n’est pas une fatalité : rééducation, traitements médicaux ou chirurgie courte en ambulatoire permettent de retrouver le confort au quotidien.

L’essentiel

  • Très fréquente

    25 à 40 % des femmes déclarent des fuites urinaires.

  • Deux formes principales

    À l’effort (toux, rire, sport) ou par envies pressantes.

  • La rééducation d’abord

    Une vingtaine de séances avec une kinésithérapeute spécialisée.

  • Une chirurgie courte

    La bandelette sous-urétrale : 30 minutes, en ambulatoire.

Comprendre la maladie

L’incontinence urinaire est la perte involontaire des urines par l’urètre, survenant en dehors de la miction et pouvant entrainer une gêne sociale.

Épidémiologie

Elle est très fréquente.

De 25 à 40% des femmes déclarent avoir une incontinence urinaire. Elle augmente avec l’âge. Les facteurs de risque retrouvés sont multiples :

L’âge, la grossesse, l’accouchement par voie naturelle, la ménopause, l’obésité, l’intoxication tabagique, la toux, les maladies chroniques pulmonaires, les efforts répétés.

C’est une pathologie gênante avec un fort impact sur la qualité de vie.

Peu de femmes osent en parler à leur médecin et on considère qu’environ seulement 10 à 20 % des femmes sont prises en charge.

N’hésitez pas : c’est un motif de consultation très courant pour un urologue, et en parler est la première étape pour traiter les fuites.

Il existe 2 types d’incontinence :

  • l’incontinence urinaire d’effort : altération du système de soutien périnéal ou une faiblesse sphinctérienne. Les efforts (toux, port de poids, rire …) provoquent une hyperpression vésicale supérieure à celle de l’urètre (sphincter) : c’est la fuite. Les causes favorisant l’IUE sont les accouchements multiples, les traumatismes obstétricaux, les antécédents de chirurgie pelvienne, toutes responsables d’une altération du soutien urétral.
    Les pathologies responsables d’une hyperpression abdominale répétée sont : toux chronique, constipation, obésité.
  • l’incontinence urinaire par hyperactivité vésicale : la vessie se contracte seule de manière anormale. Ces contractions vont donner des envies impérieuses d’uriner (urgences) ou des douleurs. Lorsque le sphincter ne maintient plus cette pression, c’est la fuite.
    Plusieurs causes sont possibles (calcul, tumeur…) mais souvent aucune d’entre elles n’est retrouvée.
    Enfin l’incontinence urinaire peut être mixte associant effort et hyperactivité vésicale.

Diagnostic

L’interrogatoire de votre urologue permettra d’orienter votre incontinence vers une cause possible.

Ensuite l’examen clinique, réalisé vessie pleine en position gynécologique, suffit pour confirmer le diagnostic. Il pourra même prédire du résultat post opératoire.

Enfin certains diagnostics pourront être posés à l’aide d’un bilan uro-dynamique réalisé auprès de votre urologue ou autre. Ce bilan n’est pas systématique mais peut orienter vers une pathologie neurologique.

Pensez à venir à la consultation la vessie pleine, et à noter pendant quelques jours l’heure de vos mictions et de vos fuites (calendrier mictionnel) : c’est une aide précieuse.

La prise en charge de l’incontinence d’effort

  • La rééducation

    La rééducation pelvi-périnéale par une kinésithérapeute : nous travaillons avec des kinésithérapeutes spécialisés en incontinence qui vous expliqueront en détail les principes de la prise en charge pendant une vingtaine de séances.

    Nos kinésithérapeutes

  • La bandelette sous-urétrale

    La chirurgie est l’alternative à la rééducation, en cas d’échec, de contre-indication ou de refus de la patiente. La technique chirurgicale proposée en première intention par l’urologue est la pose d’une bandelette sous-urétrale (TVT/TOT). Cette technique se fait en ambulatoire (aucune nuit à la clinique). L’intervention dure 30 min. Les suites habituelles sont simples.

    Une fine bandelette est glissée sous l’urètre par une petite incision dans le vagin : elle le soutient au moment des efforts, comme un hamac.

  • D’autres interventions

    D’autres interventions existent : injections péri-urétrales, ballons péri-urétraux, sphincter artificiel, colpo-suspension. Elles peuvent être proposées en cas d’échec de la bandelette sous urétrale ou dans des situations très spécifiques.

La prise en charge de l’incontinence par impériosités

Si une cause est identifiée, celle-ci doit être traitée.

  • Hygiène de vie

    Règles hygieno diététiques : La fumée de cigarette irrite la vessie et la rend instable. Le vin, la bière et les spiritueux ont le même effet. Il faudra donc les éviter. Le café et le thé incitent les reins à produire davantage d’urine, ce qui accroit les symptômes d’hyperactivité vésicale.

  • Médicaments

    Le traitement médical : Il s’agit de médicaments de la classe des anticholinergiques. Ils agissent en bloquant les transmissions nerveuses entre les nerfs qui contrôlent la vessie et le muscle vésical. Souvent très efficaces, ils ne sont toutefois pas dépourvus d’effets secondaires, comme sécheresse de la bouche, vision trouble, fatigue ou difficultés à uriner . Exemples de médicaments : Vesicare, Ditropan, Ceris.

  • Rééducation

    La rééducation périnéale peut s’avérer efficace. Son principe est de bloquer les contractions anarchiques de la vessie en renforçant les muscles du plancher pelvien.

  • Neuromodulation

    Pour les patientes dont la symptomatologie est réfractaire, des traitements de deuxième intention peuvent être envisagés. Parmi ceux-ci, la neuromodulation des racines sacrées (Fiche AFU) est une technique ayant fait preuve d’efficacité et d’innocuité. Il s’agit de la pose d’un stimulateur implanté sur les racines nerveuses sacrées S3 (pacemaker vésical). L’implantation ne se fera qu’après réalisation d’un test thérapeutique (électrode temporaire implantée dans les racines nerveuses et reliée à un boîtier de stimulation externe).

  • Toxine botulique

    Des injections de toxine botulique dans la paroi de la vessie, par les voies naturelles, peuvent calmer ses contractions pendant 6 à 12 mois. Elles exposent à un risque de rétention d’urine, qui peut nécessiter des autosondages temporaires.

L’incontinence ne doit plus être considérée comme un état inéluctable chez la femme, mais comme un état pathologique nécessitant consultation et prise en charge.

Documentation

Fiche d’information AFU

Fiche d’information AFU

Bandelette TVT pour cure d’incontinence urinaire d’effort chez la femme

Consulter la fiche AFU

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  • Des kinésithérapeutes spécialisées

    Nous travaillons avec des kinésithérapeutes formées à la rééducation de l’incontinence.

  • Une chirurgie en ambulatoire

    La bandelette sous-urétrale se pose en 30 minutes, sans nuit à la clinique.

  • Une écoute sans tabou

    Une consultation pour parler librement de vos fuites et trouver ensemble la solution adaptée.

Vos questions

Les fuites sont-elles normales après un accouchement ?

Elles sont fréquentes, mais pas normales si elles durent. Une rééducation du périnée après l’accouchement permet souvent de les faire disparaître : parlez-en à votre sage-femme ou à votre médecin.

La bandelette est-elle définitive ?

Oui, elle reste en place et son efficacité est durable dans la grande majorité des cas. Les suites sont habituellement simples, avec une reprise rapide des activités.

Faut-il boire moins ?

Non : il faut boire normalement, environ 1,5 litre par jour. Limiter le café, le thé et l’alcool, en revanche, aide à calmer une vessie hyperactive.

Et si j’ai aussi une descente d’organes ?

Les deux sont souvent liés. Le prolapsus peut être traité dans le même temps que l’incontinence si nécessaire.