Cancer de la prostate

Le cancer de la prostate évolue à bas bruit sans donner de signes urinaires à ses débuts. Détecté tôt, il se soigne bien : c’est tout l’intérêt du dosage du PSA à partir de 50 ans, et d’une prise en charge qui propose à chaque homme le traitement adapté à son cancer.

L’essentiel

  • Le cancer le plus fréquent chez l’homme

    Environ 65 000 nouveaux cas chaque année en France.

  • Silencieux au début

    Pendant des années, il ne donne pas ou peu de symptômes : on le découvre grâce au dépistage.

  • Détecté tôt, il se soigne bien

    À un stade précoce, les perspectives de guérison sont bonnes ; un tout petit cancer peut simplement être surveillé.

  • Toutes les options au centre

    Surveillance active, chirurgie robotique Da Vinci, ultrasons focalisés Focal One, en lien avec radiothérapeutes et oncologues.

Comprendre la maladie

L’organe : la prostate

La prostate est une glande masculine qui fait partie du système reproducteur masculin. Elle est située dans le petit bassin, juste sous la vessie et devant le rectum. Elle a la forme et la taille d’une châtaigne, et pèse 20 à 25 grammes. Elle est directement accessible à l’examen clinique par le toucher rectal.

Epidémiologie

65 000 nouveaux cas de cancer prostatique chaque année : Cancer le plus fréquent

8000 décès par an

Facteurs de risque

  • Age : exceptionnel avant 45 ans et sa fréquence augmente avec l’âge
  • Facteurs génétiques et ethniques (5 à 10 % des cas de cancer)
  • Régime alimentaire : consommation excessive de graisses animales
  • Facteurs environnementaux : polluants chimiques comme les pesticides, le cadmium, les hydrocarbures polycycliques aromatiques pourraient ainsi être impliqués, mais ces données demandent encore à être confirmées.

Explication du cancer de la prostate en vidéo par le Dr Samer ABDELHAMID

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Dr Samer Abdel-Hamid, chirurgien urologue

Le cancer de la prostate, c’est le premier cancer de l’homme. Il concerne 90 000 cas par an. L’Association française d’urologie recommande un dépistage à partir de 50 ans, une fois par an. Ce dépistage se fait auprès du médecin généraliste, avec une prise de sang à la recherche du PSA. Le PSA, c’est une protéine qui est fabriquée par la prostate et qu’on retrouve dans le sang. S’il y a de fortes suspicions, on va réaliser des biopsies : c’est le seul moyen de confirmer le diagnostic du cancer de la prostate.

Le cancer de la prostate, lorsqu’il est détecté au stade précoce, se soigne bien. Ce cancer, lorsqu’il est tout petit, on peut le surveiller : on n’est pas obligé de faire un traitement. Quand le cancer est un petit peu plus agressif, un peu plus gros, à ce moment-là, on va proposer des traitements.

Dans notre centre, nous pratiquons la chirurgie de la prostate par laparoscopie assistée par des bras robotisés, donc dirigés par la main du chirurgien. Nous procédons de cette manière à l’ablation de la prostate et à la suture entre la vessie et l’urètre. La précision de cette chirurgie permet d’être très précautionneux avec le sphincter urinaire et avec les nerfs de l’érection, qu’on essaye de préserver à chaque fois qu’on le peut.

L’hospitalisation pour cette chirurgie est très courte : nous, on garde nos patients 48 heures. Les patients sortent avec une sonde urinaire. Ensuite, cette sonde est enlevée au bout du sixième jour post-opératoire par une infirmière, à la maison. Par la suite, c’est nous qui assurons le suivi post-opératoire, et ensuite un suivi régulier par des PSA. Et on est là pour donner toute l’information à chaque fois que c’est nécessaire et que c’est important.

Symptômes

Dans la plupart des cas, le cancer de la prostate est une tumeur qui évolue lentement. Pendant de nombreuses années, il entraîne peu ou pas de manifestations cliniques

À un stade plus avancé, des troubles urinaires apparaissent : difficultés à uriner, fréquence exagérée des envies d’uriner avec émission d’un faible volume, rétention des urines pouvant entraîner une infection… Ces symptômes sont dûs à la compression de l’urètre par la tumeur au sein de la glande prostatique.

Bien plus rarement, la tumeur peut progresser vers l’arrière et comprimer le côlon, provoquant également des perturbations digestives : constipation, faux besoins d’aller à la selle.

Enfin, l’atteinte des ganglions lymphatiques situés à proximité de la prostate peut engendrer une sensation de gêne ou des douleurs.

À un stade très évolué, des métastases peuvent apparaître, majoritairement au niveau des os. Elles entraînent des douleurs, des compressions de la moelle épinière et peuvent provoquer des fractures par augmentation de la fragilité osseuse. Plus rarement, ces métastases se développent au niveau des ganglions, des poumons ou du foie.

Aujourd’hui, le diagnostic est souvent porté à un stade précoce où les douleurs et autres symptômes sont absents et les perspectives de guérison sont bonnes. Par ailleurs, des symptômes liés à un adénome prostatique concomitant, mais sans lien avec la présence d’un cancer, peuvent se manifester. C’est la raison pour laquelle des examens doivent être conduits.

Vidéo de schématisation du développement et de l’évolution d’un cancer de la prostate

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Animation commentée en anglais — traduction française

La prostate est une glande dont la croissance dépend de la testostérone. De la même façon, le cancer de la prostate est une tumeur hormonosensible, qui se développe sous l’influence de la testostérone : les cellules tumorales se divisent et se multiplient sous son effet.

Le diagnostic du cancer de la prostate repose sur le dosage du PSA dans le sang et sur le toucher rectal ; il est ensuite confirmé par l’analyse des biopsies.

La plupart des cancers de la prostate sont localisés à l’intérieur de la prostate. Ils progressent d’abord localement, en envahissant les vésicules séminales, puis à distance, par voie lymphatique et sanguine : c’est ce qui conduit à la maladie métastatique, d’abord au niveau des ganglions lymphatiques, puis dans le reste de l’organisme, en particulier au niveau des os.

Dépistage et diagnostic

Dépistage

Le toucher rectal

Permet de repérer une grosseur suspecte ou une anomalie de consistance ou de texture de la prostate. Le toucher rectal seul ne permet donc pas de confirmer la présence d’une anomalie cancéreuse.

Le dosage du PSA

Réalisé parallèlement au toucher rectal, consiste à mesurer la concentration sanguine d’une protéine synthétisée par la prostate (l’antigène spécifique de la prostate) qui est normalement présente dans le sang. Son taux est généralement élevé en cas de cancer. Cependant, une inflammation, une infection urinaire peuvent également entraîner son augmentation. Le dosage de cette protéine ne suffit donc pas non plus à dépister un cancer de la prostate.

À partir de quel âge ? L’Association française d’urologie conseille d’en parler avec son médecin et de faire doser son PSA à partir de 50 ans, et dès 45 ans en cas d’antécédents familiaux de cancer de la prostate ou d’origine africaine ou antillaise.

Diagnostic

La biopsie prostatique

Il s’agit de l’examen complémentaire de référence. Elle consiste à introduire une fine aiguille dans la prostate, via le rectum, afin de prélever une douzaine de fragments prostatiques à différents endroits de la glande. Ces échantillons sont ensuite analysés par microscopie afin de rechercher la présence de cellules cancéreuses.

Aujourd’hui, une IRM de la prostate est réalisée avant les biopsies : elle repère les zones suspectes et permet de cibler les prélèvements. Au centre URO Saint-Jean, les biopsies sont réalisées par voie transpérinéale (à travers la peau, entre les bourses et l’anus), guidées par la fusion des images de l’IRM et de l’échographie.

La biopsie transpérinéale avec fusion d’image

Examens complémentaires

L’imagerie par résonnance magnétique (IRM)

L’IRM est une technique d’investigation qui permet d’obtenir, grâce à l’utilisation d’un champ magnétique, des coupes anatomiques de la prostate dans les trois plans de l’espace. Seules les régions de la prostate et du pelvis sont généralement examinées. Dans certains cas, une sonde peut être introduite dans le rectum du patient afin de pratiquer une IRM dite endorectale. Elle permet d’obtenir des images plus précises du contour de la prostate afin de déceler une extension extra prostatique du cancer. L’IRM est parfois utilisée pour rechercher des métastases osseuses dans tout l’organisme lorsque le cancer apparaît très avancé.

La tomodensitométrie ou scanner

La tomodensitométrie, ou scanner à rayons X, est un examen radiologique qui permet d’obtenir des coupes très fines de la prostate et des organes voisins sous forme d’images numériques. Elle permet de déterminer l’extension de la tumeur aux ganglions pelviens et abdominaux.

La scintigraphie osseuse

Lorsque le risque d’évolution du cancer de la prostate est important, une scintigraphie osseuse est réalisée pour rechercher des métastases osseuses, c’est-à-dire la présence de cellules tumorales ayant migré de la prostate vers l’os.

Les stades de la maladies

Le score de Gleason obtenu par la biopsie et les examens d’imagerie permet, in fine, de préciser l’avancée de la maladie. On distingue globalement cinq groupes de tumeurs :

  • Les tumeurs localisées à faible risque : ce sont des tumeurs peu agressives (score de Gleason≤6) touchant un seul lobe prostatique, de très petites tailles et associées à un taux de PSA faible (<10 ng/ml) ;
  • Les tumeurs localisées à risque intermédiaire : ce sont des tumeurs moyennement agressives (score de Gleason≤7) ou restant localisées à un seul lobe, ou encore associées à un taux de PSA moyen (10-20 ng/ml) ;
  • Les tumeurs localisées à haut risque : il s’agit de tumeurs agressives (score de Gleason>7) ou étendues à plusieurs lobes prostatiques, ou encore associées à un taux de PSA élevé (>20 ng/ml) ;
  • Les cancers localement avancés : il s’agit des tumeurs ayant franchi la capsule prostatique ou les organes adjacents ;
  • Les cancers ayant atteint les ganglions lymphatiques et les cancers métastatiques.

Cette classification permet d’orienter le patient vers la prise en charge la plus adaptée à sa maladie.

Traitements

Le choix dépend du stade et de l’agressivité du cancer, de votre âge, de votre état de santé et de vos souhaits. Chaque dossier est discuté en réunion de concertation pluridisciplinaire, avec des oncologues et des radiothérapeutes.

  • Surveillance active

    En cas de tumeur jugée peu significative, un protocole de surveillance avec examen clinique, dosage du PSA et biopsie régulière pourra vous être proposé

    Elle permet d’éviter ou de retarder un traitement et ses effets secondaires, tant que le cancer reste peu évolutif.

  • Prostatectomie radicale

    Il s'agit de l'ablation chirurgicale de la prostate et des vésicules séminales

    Au centre, elle est réalisée par cœlioscopie assistée par le robot Da Vinci : son déroulement est détaillé ci-dessous.

    La chirurgie robotique

  • Radiothérapie externe

    La radiothérapie est un traitement qui utilise des rayons de forte énergie : focalisés sur la tumeur, ils permettent de détruire les cellules cancéreuses.

  • Curiethérapie

    La curiethérapie est une méthode de radiothérapie par laquelle les rayonnements sont délivrés localement grâce à l’implantation de grains d’iode radioactifs au niveau du tissu prostatique, à travers le périnée.

  • Hormonothérapie

    Entraine une castration chimique par réduction du taux de testostérone qui stimule le développement des cellules cancéreuses. Il est souvent associé à la radiothérapie

  • Chimiothérapie

    La chimiothérapie est le traitement de référence des cancers de la prostate métastatiques, devenus résistants à l’hormonothérapie.

  • Traitement ultrasonique (FOCAL ONE)

    Est une méthode de destruction plus ou moins ciblée des lésions tumorales. Ce traitement est souvent réservé aux récidives ou en cas de tumeur peu évoluée.

    Le traitement par Focal One

Prostatectomie radicale

Indication

Cancer de la prostate localisé ou localement avancé

Technique

L’intervention se déroule sous anesthésie générale

L’intervention se fait par coelioscopie ROBOT ASSISTEE mini invasive. 4 petites incisions (<1cm) sont effectuées sur la paroi abdominale pour la mise en place des trocarts et l’introduction des instruments.

Avantages :

  • Moins de douleurs
  • Moins de saignements
  • Réduit la consommation d’antalgiques en post opératoire
  • Réduit la durée de la convalescence

La prostate est retirée en totalité, ainsi que les vésicules séminales. La continuité entre la vessie et l’urètre est rétablie par une suture sous couvert d’une sonde urinaire

Un curage ganglionnaire, c’est à dire l’ablation des ganglions drainant la lymphe de la prostate, peut être associé à la prostatectomie afin de rechercher une dissémination microscopique du cancer qui pourrait modifier la stratégie du traitement.

Durée

Intervention : entre 1h 30 et 3 h

Durée de séjour : la majorité de nos patients sortent au deuxième jour post opératoire.

Durée de sondage post opératoire : nos patients sortent à domicile avec une sonde urinaire qu'ils gardent environ 7 jours. Elle est retirée par une infirmière à domicile avant une visite de contrôle

Durée convalescence avant reprise activité normale : 1 mois

Conséquences et complications éventuelles

Absence d’éjaculation définitive systématique

Incontinence urinaire : nos résultats sont très bons, avec une majorité des patients continents d'emblée et une minorité avec des fuites modérées et transitoires (quelques semaines)

Dysfonction érectile : selon votre cas une préservation des nerfs érecteurs pourra être réalisée

Douleur : Elle est modérée, nos anesthésistes pratiquent une rachi anesthésie (piqure dans le dos) avant l'intervention qui permet d'éviter la prise de morphine post opératoire et un réveil précoce de la douleur

Suites habituelles

Sortie au domicile après 2 jours d’hospitalisation

Retrait de la sonde urinaire 7 jours après l’intervention + consultation de suivi précoce

Consultation de suivi à 6 semaines :

  • Annonce des résultats anatomopathologiques
  • Gestion des conséquences de l’intervention
  • Planification de la surveillance

Prostatectomie coelioscopique robot-assistée

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Animation commentée en anglais — traduction française

Cancer de la prostate localisé. L’approche robotique permet de réaliser la chirurgie de façon mini-invasive, en reproduisant les étapes de la chirurgie ouverte et de la cœlioscopie, avec une vision en 3D et une grande précision des gestes, plus facilement et de façon plus ergonomique qu’en cœlioscopie classique, grâce à la liberté de mouvement et à la suppression des tremblements par le robot.

Après la création du pneumopéritoine, cinq trocarts sont mis en place : un pour l’optique, trois pour les instruments robotisés et un pour l’assistant. Le robot est ensuite installé et l’intervention commence.

Dissection de l’espace de Retzius, ouverture des deux côtés du fascia endopelvien et ligature du complexe veineux superficiel. Dissection du col de la vessie, puis repérage et dissection des vésicules séminales et des canaux déférents.

À ce stade, le bistouri électrique est évité afin de limiter les lésions des nerfs. Les bandelettes neurovasculaires sont séparées de la prostate : ce sont une fine couche autour de la prostate, dans le fascia prostatique, qui contient les nerfs responsables de l’érection.

Dissection, ligature et section du complexe veineux dorsal profond, ou plexus de Santorini, et des ligaments pubo-prostatiques, puis section de l’urètre au niveau de la pointe de la prostate.

L’intervention se termine par la suture entre la vessie et l’urètre (l’anastomose vésico-urétrale), la mise en place d’une sonde urinaire, l’extraction de la prostate et le retrait des trocarts. L’assistance robotique aide vraiment à préserver les nerfs et à réaliser l’anastomose vésico-urétrale.

Après le traitement

Pronostic

Le cancer de la prostate se soigne et dans la plupart des cas évolue lentement.

Ne soyez pas pressé de vous faire traiter, prenez le temps d’accepter la maladie et de vous préparer au traitement adéquat.

Son pronostic varie selon le stade TNM.

Le suivi

Après le traitement, le suivi repose sur des dosages réguliers du PSA et des consultations avec votre chirurgien. Il vérifie l’efficacité du traitement, permet de repérer tôt une éventuelle récidive et d’accompagner ses conséquences : continence, sexualité, qualité de vie.

Kinésithérapeutes, sexologues, psychologues et associations de patients peuvent vous accompagner : parlez-en en consultation.

Documentation

Documentation officielle sur le cancer de la prostate

Documentation officielle sur le cancer de la prostate

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Pourquoi choisir URO Saint-Jean ?

  • La chirurgie robotique Da Vinci

    La prostatectomie est réalisée par cœlioscopie robot-assistée ; la majorité des patients rentrent chez eux au deuxième jour.

  • Des biopsies ciblées

    Biopsies par voie transpérinéale avec fusion des images de l’IRM et de l’échographie, pour viser précisément les zones suspectes.

  • Le traitement focal

    Les ultrasons focalisés Focal One traitent certains cancers localisés en ne ciblant que la tumeur.

Vos questions

Un PSA élevé veut-il dire que j’ai un cancer ?

Non. Le PSA augmente aussi en cas d’adénome de la prostate, d’inflammation ou d’infection. Un PSA élevé conduit à une consultation d’urologie et, le plus souvent, à une IRM de la prostate ; seule la biopsie confirme le diagnostic.

Faut-il se faire traiter tout de suite ?

Le plus souvent, non : ce cancer évolue lentement. Vous avez le temps de comprendre, de poser vos questions et de choisir votre traitement avec votre chirurgien, après la réunion de concertation pluridisciplinaire. Certains petits cancers peu agressifs relèvent simplement d’une surveillance active.

Vais-je avoir des fuites urinaires après l’opération ?

La majorité des patients sont continents d’emblée ; certains ont des fuites modérées pendant quelques semaines. La rééducation du périnée avec un kinésithérapeute aide à les faire disparaître.

Et ma vie sexuelle ?

Après une prostatectomie, il n’y a plus d’éjaculation. Les érections peuvent être préservées lorsque les nerfs érecteurs peuvent être conservés ; leur récupération prend plusieurs mois, et des traitements existent pour l’accompagner.